L’architecte
Présentation de l’architecte
C’est à Michel PETUAUD-LETANG, architecte bordelais de renommée internationale, que l’on doit la décoration raffinée et l’aménagement du GABRIEL. Ses réalisations l’ont rendu célèbre en France (Cité Mondiale du Vin à Bordeaux, Restaurant-Hôtel Drouant à Paris, Régent Grand Hôtel à Bordeaux, Technopole Montesquieu à Martillac….) et dans le monde entier (Libye, Sénégal, Espagne, Portugal, Suisse, Turkménistan, Jordanie, Lituanie…).
Le GABRIEL selon Michel PETUAUD-LETANG
A la mort de Louis XIV, le vieux roi honni des Bordelais, la ville avait conservé son visage médiéval de ville close. Un lacis de rues étroites, dépourvu d’espaces libres, était entouré d’une haute muraille continue, épaulée au nord par la masse énorme du Château Trompette. Le long de la rivière, devant le mur d’enceinte, s’étendait une mince bande de terrain qui descendait jusqu’à l’eau. Tel était le port de Bordeaux, ce port si fréquenté, si riche et si vanté : les Bordelais lui tournaient carrément le dos et, selon toutes les apparences, ne s’en trouvaient pas plus mal puisqu’ils firent tant de façons pour se mettre au goût du jour. Car d’autres avaient pensé pour eux à « la belle pièce sur le devant » que sera la place Royale, la place de la Bourse, réalisée sur le port de 1729 à 1755.
Au départ, il s’agissait avant tout d’élever à Bordeaux une statue au roi régnant. Cette idée, apparue dès 1688, est reprise en 1700 par un gentilhomme périgourdin nommé Durfort-Boissière qui, le premier, préconise d’enchasser la royale image, symbole de la gloire de la dynastie, de la paix monarchique et de la prospérité retrouvée, dans un écrin de pierre monumental, comme cela s’est fait, se fait ou se fera à Paris, à Dijon, à Lyon, à Rennes ou à Reims.
Boucher est nommé à l’intendance de Guyenne en 1720, il y restera vingt-trois ans, le temps d’esquisser le Bordeaux moderne. Il fait adopter par les jurats, puis par le Conseil d’état, un projet de place Louis XV dû à l’architecte Héricé, projet médiocre, au demeurant, et que le Parlement, pour des motifs peu avouables, a beau jeu de critiquer avec obstination. Les choses traînent en longueur quand le contrôleur général Le Peletier a une idée de génie : un architecte du roi ira voir ce qui se passe et en rendra compte. L’architecte désigné est Jacques Gabriel, qui arrive à Bordeaux le 19 mai 1729. C’est une grande date pour l’histoire de cette ville. Gabriel est alors au sommet de sa fortune. Successeur, dès 1687, de son cousin Jules Hardouin-Mansart, dont il avait été l’élève très attentif, dans la charge de contrôleur des bâtiments du roi, il peut croire qu’il succèdera à Robert de Cotte comme premier architecte du roi. C’est un seigneur qui agit comme tel : il est le reconstructeur de Rennes incendié, il a jeté sur la Loire le pont de Blois, il estime très vite que Bordeaux peut être son grand ouvrage et il en prend tout de suite les moyens. Dès son arrivée, il écrit à Le Pelletier : « Je vous avoueray, Monseigneur, que je n’ay jamais veu un si beau coup d’œil et un si grand spectacle que ce port ; il mérite bien de faire quelque chose qui soit recommandable à la postérité ».
Le Grand balcon
Gabriel se voit confier par le roi la direction générale des « ouvrages de Bordeaux ». Son propos est net : il faut jeter à bas le mur d’enceinte délabré, ouvrir la ville sur la courbe admirable que forme la rivière et glorifier le monarque par une effigie exposée sur une place. De cette place il propose trois projets. Le premier, qui est le plus sage puisque le plus grandiose, mais en même temps le plus coûteux, la fait déboucher, depuis la rivière, jusqu’au cœur de la ville. Le second, ébréchant à peine le mur d’enceinte pour ne pas effaroucher les jurats, est finalement celui qui est retenu. Le troisième annonce déjà le programme des avenues que Tourny réalisera par la suite ; il situe la place dans la ville même, au carrefour de la rue Sainte-Catherine et des Fossés de l’Intendance et du Chapeau Rouge, là où plus tard Victor Louis édifiera le Grand-Théâtre.
C’est un principe de Vitruve que toute la ville de bord de mer ait sa place publique proche du port. Gabriel, dès 1731, entreprend la construction du quai, empiétant sur le lit de la rivière et limité par deux pans coupés prolongés par deux murs en retour. De part et d’autre sont aménagées deux cales inclinées et pavées.
Pour vaincre l’indifférence ou l’hostilité des Bordelais, il va planter au plus vite, devant l’esplanade du quai, les façades et les pavillons d’angle qu’il a imaginés l’année précédente, comme on plante un décor de théâtre pour séduire les spectateurs. En 1733, il arrête, le plan définitif de l’hôtel des Fermes, au sud, avec ses deux façades donnant l’une sur le quai de la Douane et l’autre sur la place, réunies par un gros pavillon d’angle surmonté d’un lanternon. Les façades, qui seront uniformes pour toute la place, ont rez-de-chaussée, entresol, grand étage, attique, balustrade et comble avec mansardes. La décoration est confiée à Verberckt qui fait appel à son compatriote Michel Van der Woort. Celui-ci se livre à un travail remarquable d’élégance et de force : il multiplie les trophées, les mascarons, les agrafes, les chapiteaux, les pots à feu. Deux frontons surmontent le pavillon d’angle ; l’un est la glorification de l’œuvre bordelaise de Gabriel, l’autre l’évocation de la richesse de Bordeaux sous Louis XV. Une ravissante fontaine achève la parure de la cour. Pour le côté nord de la place, l’idée s’impose d’y installer la Bourse. Il donne en 1741 les derniers plans, comportant un pavillon d’angle et deux façades ouvrant l’une sur le port de l’autre sur la place. Les façades de décor déjà élevées en partie seront modifiées ou encore démolies et reconstruites. Tout cela coûte très cher, si cher que l’on hésite. Quand le Conseil d’état rend enfin un arrêt favorable, le 9 mai 1742, Gabriel est mort depuis quinze jours, à l’âge de soixante-quinze ans.
Ange-Jacques Gabriel, son fils, que rendront bientôt célèbre l’Opéra et le Petit Trianon à Versailles, l’Ecole militaire et la place Louis XV à Paris, prend tout naturellement sa suite.
Tourny agrandit la Bourse en prolongeant vers le nord l’aile en façade sur la rivière et en y greffant un pavillon d’angle symétrique à celui qui regardait la place. Un neveu des Coustou, Claude Francin, un Alsacien né à Strasbourg et qui était le petit-fils de Pierre Lepautre, est chargé du décor est fait merveille. Enfin, au fond de la place, Tourny fait exécuter par Portier, le collaborateur bordelais de Gabriel fils, le pavillon central qu’avait dès 1731 Gabriel père, et qui n’est élevé qu’en 1755 et il faut attendre dix ans pour que soit achevé le socle de la statue équestre de Louis XV, prétexte de cet ensemble et nouveau centre mystique de Bordeaux.
D’après Paul Avisseau.

Au bar Le Dix ou sur sa terrasse, selon l’heure du jour, dans une ambiance chic et cosy, où se marient cuirs et bois exotiques, il est possible de :
A l’étage, dans une interprétation résolument contemporaine des brasseries du XIXe siècle, le Bistrot du GABRIEL offre un superbe panorama surplombant la place de la Bourse et le miroir d’eau.
Au deuxième niveau, le restaurant gastronomique du GABRIEL, sous la direction du chef François ADAMSKI, se veut l’univers créatif de l’établissement.